À retenir. Sonatrach, l’allemand VNG AG et le norvégien ICA-FINANCE AS ont signé le 3 novembre 2026 à Alger un mémorandum d’entente consacré à la réduction des émissions et au développement bas-carbone. L’annonce porte surtout sur la mesure et la vérification du méthane dans les opérations gazières. Elle ne constitue pas, à ce stade, un bilan chiffré de réduction ni une décision d’investissement annoncée.

Ce que les trois partenaires veulent mettre en place
Selon le communiqué de Sonatrach publié le 4 novembre 2026, l’accord vise le déploiement de systèmes de mesure, de notification et de vérification, souvent désignés par le sigle MRV. L’enjeu est concret : disposer de données suivies et contrôlables pour repérer les émissions de méthane pendant les opérations, puis documenter les mesures prises pour les réduire. Le texte évoque également le transfert de technologies et le renforcement des compétences.
Le mémorandum a été signé en marge d’un atelier consacré à la finance climatique et aux marchés du carbone, organisé les 3 et 4 novembre au Centre international des conférences d’Alger. Le lieu et le calendrier sont établis par le communiqué ; aucun calendrier de déploiement site par site n’y est détaillé.
Pourquoi cet accord intéresse l’économie algérienne
Pour un producteur et exportateur de gaz, mieux connaître les émissions liées aux opérations peut aider à prioriser les équipements, la maintenance et les investissements de réduction. Cette lecture économique découle de l’objectif annoncé ; elle ne signifie pas que des économies ou des recettes nouvelles ont déjà été constatées. La qualité des mesures sera déterminante pour savoir quels résultats pourront être démontrés.
Sonatrach relie aussi le projet à la mobilisation de financements climatiques, notamment par des mécanismes de crédits carbone. Là encore, le communiqué décrit une piste de financement, pas un montant obtenu ni des crédits déjà émis. Les règles applicables, les projets éligibles et les contrôles indépendants devront être précisés avant d’en évaluer la portée financière.
Une coopération en plusieurs étapes
Le nouvel accord rassemble deux collaborations antérieures citées par Sonatrach : un protocole avec ICA-FINANCE conclu en octobre 2024 autour de projets de réduction des émissions, puis un protocole avec VNG signé en juin 2026 pour limiter le méthane sur la chaîne de valeur gazière. Le document du 3 novembre 2026 cherche à articuler ces travaux autour de la mesure, des capacités techniques et du financement.
Pour les entreprises et les compétences des deux rives, l’intérêt potentiel se situe dans les méthodes de suivi, les instruments de mesure, la formation et l’ingénierie de projet. Il serait prématuré de présenter cet accord comme un appel d’offres ouvert ou comme la promesse de contrats pour des fournisseurs : le communiqué n’annonce ni procédure de candidature ni partenaires techniques supplémentaires.
Ce qu’il faudra vérifier ensuite
Trois éléments permettront de juger la suite : la publication éventuelle d’un calendrier opérationnel, les sites ou segments gaziers concernés et des résultats mesurés selon une méthode explicite. Sans ces informations, l’annonce reste une orientation de coopération. Sonatrach inscrit celle-ci dans sa stratégie climatique et dans son ambition de développer des solutions énergétiques moins carbonées en Algérie, mais les effets réels devront être suivis dans la durée.
Le 4 novembre, Entre2rives a également détaillé l’autre accord de Sonatrach sur le méthane, conclu avec la Banque mondiale. Les deux textes ont des partenaires et des objets distincts ; les confondre ferait perdre de vue ce que chacun annonce effectivement.
Source factuelle : communiqué de Sonatrach du 4 novembre 2026.
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