Le 24 décembre 2025, une page historique s’est tournée au palais de l’Assemblée populaire nationale (APN) à Alger. Dans un élan d’unanimité, les députés algériens ont adopté un texte de loi criminalisant le colonialisme français (1830-1962). Plus qu’une simple procédure législative, ce vote marque une étape fondamentale dans la reconnaissance des souffrances endurées par le peuple algérien et pose un jalon incontournable pour toute relation future entre les deux rives de la Méditerranée.
Un Acte de Souveraineté et de Justice
Le vote du 24 décembre n’est pas un acte de revanche, mais une exigence de clarté. En qualifiant juridiquement le système colonial de « crime », le Parlement algérien met des mots sur une réalité historique documentée, marquée par :
- L’oppression systémique : 132 ans de domination où la spoliation des terres et l’effacement culturel étaient érigés en mode de gouvernance.
- La violence d’État : Des enfumades du XIXe siècle aux exécutions sommaires et à la torture durant la Guerre de Libération, le texte rappelle que ces actes ne peuvent être prescrits par le temps.
- Le passif environnemental : La loi pointe spécifiquement les conséquences durables des essais nucléaires dans le Sahara, dont les radiations continuent de frapper les populations civiles.
Pourquoi criminaliser ?
Pour les législateurs algériens, la criminalisation est le préalable nécessaire à toute véritable réconciliation. On ne peut construire une paix durable sur des euphémismes.
« Reconnaître le crime, c’est rendre leur humanité aux victimes. »
En ancrant cette définition dans le droit, l’Algérie refuse que l’histoire soit réécrite ou « positivée ». Elle impose un cadre où la mémoire devient un pilier de la dignité nationale.
Le Chemin vers une Conciliation Authentique
Si ce vote acte une rupture avec le déni, il ne ferme pas la porte au dialogue. Au contraire, il définit les conditions d’une conciliation honnête :
- La Vérité avant l’Oubli : L’ouverture intégrale des archives et la reconnaissance des disparus sont des étapes de soin nécessaires pour les familles des deux côtés.
- La Réparation Morale : Au-delà des compensations, c’est le regard porté sur l’Autre qui doit changer. Le colonialisme doit être enseigné comme une violation des droits humains fondamentaux.
- Un Partenariat d’Égaux : Ce texte de loi invite la France à un face-à-face courageux avec son passé pour assainir le présent.
Conclusion : Une Mémoire pour l’Avenir
Le vote du 24 décembre 2025 restera comme le moment où le droit a rejoint la mémoire. Condamner les méfaits du colonialisme n’est pas un acte d’hostilité envers une nation, mais la condamnation d’un système qui a trahi les valeurs universelles de liberté et d’égalité.
C’est en acceptant de regarder cette vérité en face, sans détour, que l’Algérie et la France pourront enfin bâtir une relation libérée du poids des non-dits, tournée vers une coopération mutuellement respectueuse.

