A Alger, Par Moussa Nait Amara
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Bonne lecture et bon échange !
Fédérer les énergies des États nord-africains et penser ensemble une Afrique du Nord forte, à la fois bloc politique, économique et culturel, constitue l’une des priorités historiques du RCD.
Ce parti n’a pas attendu les soubresauts de la géopolitique mondiale, ni les injonctions de puissances étrangères, pour agir dans ce sens et rappeler que le destin de cette région se joue d’abord entre ses peuples.
Aujourd’hui, alors que l’identité commune, amazighe, méditerranéenne et africaine est reconnue et assumée en Algérie, au Maroc, en Tunisie, en Libye et au-delà, il devient impératif de transformer cette conscience identitaire en projet politique, économique et stratégique commun.
Il s’agit de fédérer les énergies des peuples, des sociétés civiles et des forces démocratiques autour d’un idéal partagé : bâtir une Afrique du Nord démocratique, plurielle et prospère, reposant sur de larges prérogatives régionales et sur une coopération économique intégrée.
C’est ce que j’appellerais : régionaliser pour mieux fédérer.
Face aux tensions géopolitiques et aux fractures économiques qui marquent la conjoncture actuelle — rivalités énergétiques, instabilités sécuritaires, dépendance commerciale, migrations subies — l’alternative la plus crédible et la plus durable reste l’intégration nord-africaine.
Non pas une union formelle et protocolaire, conçue par des régimes en déficit de légitimité, à l’exemple de l’expérience de l’UMA, mais une alliance construite par les peuples sur des bases démocratiques capable de peser dans les grands équilibres méditerranéens et Africains.
Le RCD, fidèle à sa vision, compte à son actif plusieurs rencontres politiques et économiques régionales ayant réuni des acteurs des différents pays nord-africains.
Il fut l’instigateur d’échanges et de concertations entre partis progressistes, intellectuels et représentants de la société civile autour d’un même objectif : faire émerger un pôle nord-africain démocratique et solidaire.
La création d’un département dédié aux affaires nord-africaines au sein de son secrétariat national n’est pas un fait du hasard, cet acte représente l’aboutissement d’un long processus de coordination régionale, initié et animé par un parti qui croit au destin collectif de la communauté nord-africaine et à son rôle dans la reconfiguration du monde multipolaire.
L’avenir de l’Afrique du Nord ne se construira ni sur la division, ni sur l’illusion d’une « paix » dictée par des tutelles extérieures, mais sur la coopération économique, la souveraineté régionale et la démocratie réelle.
Tel est le défi d’une renaissance nord-africaine portée par ses peuples eux-mêmes.
Moussa Nait Amara

